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Afin de me prémunir contre les foudres des lecteurs new-age et des gens du marketing de chez Nature et Découvertes, je tiens à dire en préambule de cet article que cet avis n'engage que moi. En plus, il m'est arrivé d'acheter des choses dans ces magasins, qui n'étaient pas plus nulles que toutes les conneries qu'on achète ailleurs. Voilà, c'est dit.
Pour un vrai citadin d'origine très rurale tel que je suis, rien de plus insupportable que de mettre les pieds dans un magasin Nature et Découvertes. Le concept de Nature et Découvertes repose sur trois piliers : une musique « ethnique » en conserve qui vous grignote les tympans (d'où le titre de l'article, subtile référence à un subtil groupe des années 90), de l'encens made in là-bas qui prend en otage vos récepteurs olfactifs et des bouquins pour mieux vivre sa vie, qui feraient passer Michel Serres pour un théoricien hardcore. Ajoutons à cela les fontaines qui font plic-ploc et les lumières qui n'éclairent pas, et nous aurons une idée précise d'un enfer pavé de bonnes intentions commercialo-babo-écologiques.
L'astuce, quand même - car il y a un truc, sinon personne n'y mettrait les pieds - c'est qu'on y trouve des supères idées cadeaux, surtout pour les gens qu'on connaît mal ou qui n'ont pas de passion officielle dans la vie (genre collection).
Finalement, Natures et Découvertes est à la nature ce que la Fnac est à la culture : un faux-ami.
Les femmes panthères habitent à Lille depuis la nuit des temps et les Lillois ont l'impression de les connaître depuis encore plus longtemps. Elles sont deux, une grande et une petite, une jeune et une moins jeune, et elles sont habillées pareilles (en panthère, donc). Elles sont un excellent repère pour savoir si vous avez fait le bon choix de sortie car elles sont dans tous les bons coups. Elles sont également un bon point de repère dans une foule, pendant la Braderie, par exemple : « on se retrouve à 17H au niveau des femmes panthères ».
On a l'impression de les voir tout le temps, mais ce n'est pas partagé. En effet, le monde se divise en deux catégories : les femmes panthères et les autres. Les autres, à chaque fois qu'ils voient les femmes panthères, se disent : Tiens, les femmes panthères. Tandis que les femmes panthères se disent : Tiens, les autres. Mais les autres sont tellement nombreux qu'elles ne peuvent pas tous les reconnaître. C'est le drame des femmes panthères. Et le drame des autres.
Nom féminin. Mobylette, voilà un mot d'apparence sympathique, le genre de mot avec qui on aime à faire des phrases. Il a le double avantage d'avoir une sonorité rigolote et de renvoyer à une réalité rigolote.
Des générations de linguistes se sont usé les méninges à chercher l'origine du mot mobylette. Alors qu'en réalité c'est très simple. Il s'agit de la contraction de Moby Dick (un truc qui file, qu'on n'arrive pas à rattraper) et de Let it be (pour le côté liberté et années soixante) : on sent bien le mot inventé à l'issue d'un brainstorming effréné.
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