Mercredi 27 janvier 2010
3
27
/01
/2010
07:35
Allez savoir pourquoi j'ai pensé à vous cette nuit.
Nous nous rencontrâmes une fois, une fois de trop. Il y a fort longtemps, dans le petit bureau de poste du quartier Saint-Maurice Pellevoisin, à Lille. J'avais un courrier à "faire partir", comme
on dit, mais pas d'enveloppe. Vous me proposâtes une enveloppe pré-timbrée. Je déclinai : outre le fait que j'étais fort peu argenté à l'époque, il se trouve que j'avais déjà des timbres. Vous me
répondîtes, sans me regarder et en invitant le client suivant à rejoindre votre guichet : "on n'est pas une épicerie". Je ne retranscris pas vos formules de politesse car il n'y en eut point.
Vous ignorez sans doute, cher Monsieur, que je suis (et que je reste) contre vents et marées un fervent défenseur des services publics et que j'ai très modestement contribué en tant que citoyen à
la tentative de sauvegarde de La Poste. Seulement, La Poste, cher Monsieur, ça fait longtemps qu'elle est devenue une épicerie ; et encore, c'est faire insulte aux épiceries, disons que la Poste
est une grande surface avec des gadgets partout qui ne servent à rien si ce n'est à faire dépenser de l'argent aux usagers qui sont déjà passablement abrutis par les télévisions qui tournent en
sourdine au-dessus de vos guichets.
Quant à vous, cher Monsieur, j'ai le regret de vous dire que vous finirez comme les caissières des supermarchés (lesquelles ne m'ont pourtant jamais déçu, elles) : remplacé par une machine stupide,
mais polie.
Par Pierrot Beerbaum
-
Publié dans : Lettre ouverte
1
-
Recommander