Lettre ouverte

Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /2010 07:07

Vous êtes plusieures à m'écrire pour vous plaindre que je ne publie rien d'autre le dimanche qu'un modeste réconfort musical ou théâtral ou télévisuel ou littéraire ou cinématographique (que par ailleurs vous êtes plusieures à néanmoins apprécier).

Il n'y a pas si longtemps, je publiais deux papiers par jour, avant de passer à un seul par jour puis à six par semaine (sans compter le réconfort susdit). Vous vous plaignez en outre d'une baisse globale de la qualité de ma prose, qui vient s'accumuler à cette baisse de ma productivité. En un mot, vous n'êtes pas contentes.

Eh bien, sachez, chères ingrates, que cette chienlit est imputable au temps que je passe à écrire pour mon lecteur préféré : moi-même. Moi-même, le seul lecteur à comprendre exactement où je veux en venir (enfin, le plus souvent), même s'il est loin d'être le plus malin, ni le plus fidèle. D'ailleurs, je profite de cet article pour lui rappeler d'acheter du pain.

Par Pierrot Beerbaum - Publié dans : Lettre ouverte
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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 07:35
Allez savoir pourquoi j'ai pensé à vous cette nuit.
Nous nous rencontrâmes une fois, une fois de trop. Il y a fort longtemps, dans le petit bureau de poste du quartier Saint-Maurice Pellevoisin, à Lille. J'avais un courrier à "faire partir", comme on dit, mais pas d'enveloppe. Vous me proposâtes une enveloppe pré-timbrée. Je déclinai : outre le fait que j'étais fort peu argenté à l'époque, il se trouve que j'avais déjà des timbres. Vous me répondîtes, sans me regarder et en invitant le client suivant à rejoindre votre guichet : "on n'est pas une épicerie". Je ne retranscris pas vos formules de politesse car il n'y en eut point.
Vous ignorez sans doute, cher Monsieur, que je suis (et que je reste) contre vents et marées un fervent défenseur des services publics et que j'ai très modestement contribué en tant que citoyen à la tentative de sauvegarde de La Poste. Seulement, La Poste, cher Monsieur, ça fait longtemps qu'elle est devenue une épicerie ; et encore, c'est faire insulte aux épiceries, disons que la Poste est une grande surface avec des gadgets partout qui ne servent à rien si ce n'est à faire dépenser de l'argent aux usagers qui sont déjà passablement abrutis par les télévisions qui tournent en sourdine au-dessus de vos guichets.

Quant à vous, cher Monsieur, j'ai le regret de vous dire que vous finirez comme les caissières des supermarchés (lesquelles ne m'ont pourtant jamais déçu, elles) : remplacé par une machine stupide, mais polie.


Par Pierrot Beerbaum - Publié dans : Lettre ouverte
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /2010 06:18
  • Monsieur Beerbaum, est-ce vrai que vous écrivez vos articles très longtemps à l'avance, ce qui fait que parfois vous publiez des trucs que vous ne savez même plus ce que c'est ? (Vanessa, 17 ans, Biarritz)
Honnêtement, Vanessa, cela arrive. Mais il se peut aussi que je publie mes textes aussiôt écrits. C'est le cas de ma réponse à ta gentille lettre. Par contre, tu recevras par courrier tes photos et les clefs de la maison de tes parents. Biarritz, ça fait quand même beaucoup de route.

  • Monsieur Beerbaum, pourquoi n'y a-t-il pas de publicité sur votre blog ?(Morticia, 17 ans, Saint-Malo)
Honnêtement, Morticia, je ne vais pas jouer les héros, j'y ai déjà pensé plusieurs fois. Comme tu le sais, je suis auteur à temps partiel et quelques sous de plus à la fin du mois ne me feraient pas de tort. C'est juste une question de principes. Pour l'instant, je tiens bon. Par contre, je ne porte pas de latex, ça me donne des crises d'asthme.

  • Monsieur Beerbaum, comment faire pour devenir comme vous ? (la classe d'hypokhâgne du Lycée Notre-Dame des Filles du Calvaire du Chasse-Croisé du 15 août)
Honnêtement, les filles, ce n'est pas difficile. Comme dit la chanson du début de Arnold et Willy, il faut de tout (c'est vrai) pour faire un monde ; l'important, c'est d'écouter son coeur. Continuez à lire mon blog et n'hésitez pas à m'écrire grâce au bouton contact en haut à droite. Par contre, pour la soirée dortoir, ce ne sera pas possible, j'ai déjà un engagement avec la section sport-études du lycée Jonah Lomu de Bar-le-Duc.

Par Pierrot Beerbaum - Publié dans : Lettre ouverte
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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /2009 21:50
Dans l'un de mes articles, j'ai fait référence à la musculature d'Olivier Minne, un monsieur pas rigolo qui passe à la télévision dans un jeu qui s'appelle Fort Boyard. Depuis, vous êtes des centaines à atterrir sur ce blog pour avoir plus d'informations sur le programme de musculation d'Olivier Minne. Entre nous, je ne comprends pas que l'on s'intéresse autant à la musculature d'Olivier Minne. Bien sûr, vous allez tomber sur l'article que je suis en train d'écrire parce que les biceps d'Olivier Minne vous intriguent et parce que j'ai écrit plein de fois le nom d'Olivier Minne et des mots du champ lexical de la testostérone sur cette page. Vous serez nombreux et vous serez déçus.
En fréquentant ce blog, vous perdez donc votre temps et comme il est exempt de publicité, c'est comme si je perdais de l'argent. Alors, soit vous vous intéressez à autre chose qu'à Olivier Minne et à sa musculature et vous prenez le temps de découvrir des choses aussi passionnantes que l'histoire des poneys, soit je me documente et je décide de devenir LE blogueur influent sur les mots clés "Olivier Minne" et "Musculation".
Je me déciderai dans quelques jours, une fois enregistrées les statistiques de cet article.

Bien à vous

Pierrot
Par Pierrot Beerbaum - Publié dans : Lettre ouverte
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Jeudi 20 août 2009 4 20 /08 /2009 19:06
Nous nous sommes quittés il y a moins d'un quart d'heure et j'éprouve déjà le besoin de vous écrire.
La façon tout à fait rafraîchissante que vous eûtes de me faire cette queue de poisson et la virtuosité avec laquelle vous l'exécutâtes me firent déjà pressentir que j'avais affaire à un homme d'exception.
Avant cet épisode délicieux, il y eut notre première rencontre, cinquante mètres plus haut et trente secondes plus tôt, dans la rue Gambetta. Vous sortiez d'un emplacement de parking tout en téléphonant, je pédalais à modeste allure. Oui, je l'avoue, j'étais sur la route, un lieu dont tous les mammifères cyclopédiques de mon espèce devraient être bannis. Aussi, je n'eus aucune difficulté à comprendre la vigueur avec laquelle vous vous déportâtes sur la gauche, jusqu'à mettre mes jours en danger et ce alors que vous m'aviez parfaitement vu. Vous me l'expliquâtes un peu laborieusement au milieu de la rue, sous le regard des passants éblouis par la qualité de votre vocabulaire et la subtilité de votre argumentaire. Le coup de klaxon, le doigt d'honneur et la queue de poisson qui précédèrent cet aimable badinage urbain n'étaient qu'un léger avant-goût de la finesse de votre caractère et votre conversation.
Durant notre explication, je parvins à lire deux choses dans vos yeux. La première, c'est que vous comprîtes assez vite que votre version des faits et votre interprétation du code de la route n'était pas partagée par l'ensemble de l'assistance, laquelle me suggéra par la suite de vous "mettre une claque". La seconde fut votre hésitation à m'en mettre une, de claque. Il m'est agréable de penser que vous n'étiez pas tout à fait sûr de votre supériorité physique et que vous auriez préféré que j'éprouve à votre endroit une saine colère plutôt que le mépris désabusé que j'arborai.
Enfin j'ai plaisir à penser que, tout à votre excitation, vous êtes peut-être allé vous empaler sur un platane insolent.

Bien à vous,

Pierrot Beerbaum
Par Pierrot Beerbaum - Publié dans : Lettre ouverte
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