Vendredi 18 septembre 2009
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A chaque fois qu'on me dit "tu sais pas qui est mort ?" , je réponds "non" mais dans ma tête je pense "Putain David Bowie est mort" et j'ai envie de
pleurer.
Mais à chaque fois on me répond : "David Carradine, Michaël Jackson, Sim, Philip des 2B3, Karl Malden, Pina Bausch, Alain Bashung" et moi je me dis : "Putain c'est bon David Bowie n'est pas
mort".
Ce n'est pas rationnel, surtout qu'il y a plein d'autres gens connus susceptibles de mourir et que j'aime bien, surtout que je n'ai jamais été véritablement un fan dans l'âme (sauf peut-être de
certains artistes qui avaient l'élégance d'être déjà morts).
Mais, je ne sais pas pourquoi, la pensée que David Bowie pourrait me quitter m'attriste tout particulièrement. Alors, si un jour il mourrait vraiment (c'est peu probable, mais sait-on jamais ?), ne
me demandez pas : « tu sais qui est mort ? ». Parce que JE NE VEUX PAS LE SAVOIR.
Par Pierrot Beerbaum
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Samedi 1 août 2009
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06:39
Les derniers mots qu'on prononce, on ne sait pas toujours qu'ils seront les derniers. Là est le problème. On peut penser ses derniers mots, les mûrir, les avoir en
tête en permanence, les avoir même au bord des lèvres et puis paf, c'est l'accident de voiture et l'on se retrouve avec pour derniers mots « Aaah » ou une bribe de conversation du genre « je peux
pas te parler longtemps je suis sur le périph et... ». Ou alors on les prononce pile poil comme il faut, mais seul. Dans ces cas-là, il faut en profiter pour lâcher tout ce qu'on a sur le cœur,
avouer ses crimes ou révéler ce qu'on pense vraiment de l'arrivée de Benzema au Real. La meilleure solution consisterait à répéter ses derniers mots en permanence. A n'ouvrir la bouche que pour
prononcer, inlassablement, les mots qu'on estime devoir être les derniers : « Je vous ai compris ». Le pire serait d'avoir la lucidité suffisante pour dire les mots choisis et de n'avoir pas le
temps de finir. Par exemple dans les films, le personnage de moindre importance, s'il n'y avait pas réfléchi auparavant, se met à réfléchir, une fois la balle logée dans quelque tiroir de son
buffet, et une fois qu'ils les a savamment choisis, il s'applique à les prononcer, ses derniers mots, à la personne qui est arrivée en courant pour lui soutenir la nuque. Donc le personnage de
moindre importance, le plus souvent, saisit l'occasion de la prononciation des mots ultimes pour participer, dans un élan citoyen, à l'avancée d'une enquête criminelle en cours. Tandis qu'il sent
la vie filer entre ses doigts à la vitesse d'un poney sauvage au galop, il s'applique, il articule avant de rendre l'âme : « c'est untel qu'a fait le coup... ». Parfois il se veut plus sibyllin et
susurre : « les clefs du mystère de la chambre 412 sont dans la boîte à gants de la Corsa bleue immatriculée 274 BBT 59 ».
Ce qui est vraiment vache, dans cette circonstance extrême, c'est de dire aux gens qu'on les aime. Parce que forcément, même s'ils ne partagent pas vos sentiments, ils sont obligés de vous dire que
eux aussi, ils vous aiment, et après ils s'en veulent toute leur vie d'avoir menti à un mort.
Par Pierrot Beerbaum
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Dimanche 3 mai 2009
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06:00
Parmi les trucs horribles qui sont vraiment horribles, il y a les meurtres de masse. Comment expliquer que la
vogue des tueurs en série, qui fit les choux gras du cinéma américain, ait laissé la place aux tueurs de masse, qui font les choux gras de la télé et du net ?
Pour les crimes en série comme pour les meurtres de masse, les Américains ont montré la voie. On remarque aussi que les malades qui commettent ces massacres s'adaptent aux médias de leur temps.
Même les victimes ont des réflexes de communicants (voir Diary of the Dead de Romero).
Peut-on imaginer, puisque l'époque est aux réseaux sociaux, que les assassins du futur choisissent leurs victimes sur Mydead ou Deathbook ?
Par Pierrot Beerbaum
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Vendredi 24 avril 2009
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06:07
Quand on leur annonce la mort de quelqu'un qui passait à la télé (type Lady Di ou Alain Bashung), les gens, ça
leur sape le moral, ils sont affectés, quand bien même ils n'étaient pas spécialement clients du défunt. Est-ce que le cerveau ne saurait pas faire la différence entre quelqu'un qu'on connaît (un
proche) et quelqu'un d'inconnu (une star) ? Surtout, comment se fait-il que trois cent morts anonymes pèsent moins sur le moral des gens qu'un seul mort célèbre ?
En ce qui me concerne, j'ai tout mis en oeuvre pour que la chute ne soit pas trop brutale. Si je venais à disparaître, je continuerais à publier deux articles par jour pendant un mois. Cela
donnerait à mon lectorat le temps de se trouver un nouveau blog à lire : on éviterait ainsi une trop forte baisse de la productivité dans nos entreprises et nos administrations pour cause de forte
déprime des effectifs.
Par Pierrot Beerbaum
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Samedi 18 avril 2009
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18
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06:25
Pierrot Beerbaum nous a quittés. Compagnon infatigable de nos désoeuvrements, il avait su mettre son incroyable
intelligence au niveau de nos instincts les plus bas. Il avait su taire son immense talent littéraire pour ne pas effrayer les illettrés que nous sommes. Il n'avait pas oublié que Patrick ne lui a
jamais rendu le chèque déjeuner avancé en mars 2008 au Buffalo du centre commercial d'Amiens. Puisse le repos éternel lui permettre de pardonner à ce collègue, qu'il avait surpris à maintes
reprises en train de faire des photocopies personnelles.
Par Pierrot Beerbaum
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